Le poupon offert pour le premier anniversaire reste souvent assis sur une étagère. Pas parce qu’il déplaît, mais parce qu’il arrive trop tôt ou qu’il n’est pas adapté : trop lourd pour être porté, trop raide pour être serré contre soi, habillé de vêtements que des doigts d’un an ne savent pas enlever. Six mois plus tard, le même enfant le redécouvre et ne le lâche plus.
Choisir un premier poupon revient surtout à se demander ce que l’enfant va en faire à son âge. Un bébé de dix mois, un enfant de deux ans et demi et un grand de quatre ans ne jouent pas du tout de la même façon.
Avant 18 mois, un compagnon plus qu’un bébé à soigner
Avant un an et demi environ, l’enfant ne joue pas encore à la maman ou au papa. Il serre, mordille, traîne par un bras, lance par-dessus le lit. Ce qu’il lui faut ressemble davantage à un doudou qu’à un poupon : une poupée de chiffon toute souple, un visage brodé plutôt que des yeux en plastique, pas de cheveux à arracher, aucune petite pièce. Elle doit passer en machine, parce qu’elle passera beaucoup de temps dans la bouche et sur le sol de la cuisine.
Entre 18 mois et 3 ans, l’âge des premiers soins
C’est la période où le jeu d’imitation démarre vraiment. L’enfant reproduit ce qu’il voit : il couche le poupon, lui donne le biberon, le promène, le gronde parfois. Le bon premier poupon pour cet âge a un corps souple ou semi-souple, une tête en vinyle facile à nettoyer, et une taille qui permet de le porter d’un bras sans le laisser tomber à chaque pas.
Les vêtements comptent plus qu’on ne le croit. Des fermetures à scratch ou à gros boutons-pression permettent à l’enfant d’habiller et de déshabiller son poupon seul, ce qui fait une bonne moitié du plaisir. Les minuscules boutons et les chaussettes de la taille d’un dé à coudre finiront perdus, ou frustreront des doigts encore malhabiles. Un accessoire ou deux suffisent pour commencer, un biberon et une couverture par exemple ; la poussette et le lit viendront quand le jeu se sera installé.
Sur l’emballage, trois vérifications prennent dix secondes :
- le marquage CE, obligatoire sur les jouets vendus dans l’Union européenne ;
- la mention d’âge, et en particulier l’avertissement « ne convient pas aux enfants de moins de 36 mois », qui signale de petites pièces ou des éléments susceptibles de se détacher ;
- les consignes d’entretien, pour savoir si le corps passe en machine ou seulement la tête à l’éponge.
Après 3 ans, le poupon de bain et la poupée qui raconte des histoires
Vers trois ans, les gestes deviennent plus précis et le jeu plus construit. Le poupon peut gagner des vêtements à boutons, un petit trousseau, une baignoire. Les poupons de bain en vinyle plaisent beaucoup à cet âge, avec une contrainte que les parents découvrent vite : l’eau qui entre dans le corps doit être vidée et le poupon séché après chaque bain, sinon des moisissures se forment à l’intérieur.
C’est aussi l’âge où, pour beaucoup d’enfants, la poupée prend le relais. Elle ressemble à un enfant plus grand ou à un adulte, et on ne la soigne plus : on lui fait vivre des aventures. Les poupées articulées, avec leur garde-robe et leurs petits accessoires, entraînent la précision des doigts, mais leurs chaussures et leurs bijoux miniatures doivent rester hors de portée des plus jeunes de la fratrie.
Pour bien faire la différence entre ces deux familles de jouets et savoir quoi privilégier à chaque âge, la rubrique consacrée aux poupons et poupées donne des repères simples, jusqu’à l’entretien du vinyle et des cheveux.
Un poupon pour les garçons aussi
Le rayon poupées reste souvent rangé dans l’allée rose des magasins, et c’est dommage. Les garçons jouent au poupon avec le même sérieux que les filles, et ce jeu leur apporte la même chose : reproduire des gestes de soin, inventer des scènes, mettre des mots sur ce qu’ils vivent.
L’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur en est l’exemple typique. Un poupon offert quelques semaines avant la naissance permet à l’aîné de répéter les gestes qu’il verra faire à la maison, et parfois de rejouer ensuite, à sa façon, ce qui l’agace chez le nouveau venu. Mieux vaut alors un modèle simple et robuste, qui supportera d’être couché avec tendresse le matin et oublié sous le canapé le soir.
Au moment de l’achat, prenez le poupon en main et serrez-le comme le fera l’enfant. S’il est dur, froid au toucher, ou si sa tête bascule en arrière dès qu’on le soulève, il rejoindra l’étagère, quel que soit son prix.
